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Perdus dans un supermarché…
« Lost in the supermarket »… ce titre résume l’idée première de Jean-Yves Jouannais lorsqu’il a proposé cette exposition en 2001 à l’espace Paul Ricard (Paris). Le titre (et le propos), à l'origine, est non seulement celui d’un morceau des Clash mais il rend compte aussi du désir de beaucoup de rester enfermé dans un supermarché une nuit entière. Là, tout serait permis au royaume de la consommation : essayer tous les vêtements, tester les parfums, écouter les disques, goûter au caviar, vider les bouteilles… Évidemment, mieux vaut alors choisir un supermarché de luxe !
Mais revenons à cette exposition Lost in the supermarket. Y étaient conviés les artistes Jean-Baptiste Bruant, le collectif Buy sellf, Véronique Ellena, Francesco Finizio, Thimothy Mason, Philippe Mayaux, Gilles Touyard et Tatiana Trouvé. Quatre ont particulièrement retenu mon attention. Retour sur leurs oeuvres.
Jean-Baptiste Bruant
Un rêve - en marchant avec précaution, 2000, installation vidéo, 33 minutes.
Avec cette installation, Jean-Baptiste Bruant est peut-être l'artiste qui colle le mieux au principe de départ : se laisser enfermer dans un supermarché. Trois films projetés simultanément le montrent visitant un magasin désert, seul au milieu de rayons bien achalandés, seul au milieu de tous ces produits de consommation. Application réelle du fantasme...
Véronique Ellena
Série Supermarchés - rayon loisirs, photographie, 90 par 115 cm, courtesy galerie Alain Gutharc, Paris.
Déjà présentée dans le dossier À table ! de Bulbe, Véronique Ellena aime revisiter le quotidien tout en se servant de ses amis et de sa famille comme modèles. Dans cette série, des consommateurs lambda (et pourtant des connaissances de la photographe) achètent, courses au bras, divers produits. Des scènes de vie recréées.
Timothy Mason
Land of plenty, 1999, projection-vidéo, 20 minutes, courtesy galerie Michel Rein, Paris.
Avec une caméra placée au fond d'un caddie, l'artiste a fait ses courses dans un supermarché américain. Musique d'ambiance et annonces micro rythment cette lente déambulation parmi les produits de consommation. Un univers où « l’avoir prime sur l’être ».
Philippe Mayaux
Camelot, 2000/2001, installation (détail), photo Marc Domage, courtesy galerie Loevenbruck, Paris.
Rayons de supermarché ou collection privée ? Les produits de nature variée proposés par Philippe Mayaux sont entièrement de couleur rose. Un achalandage étrange où jouxtent des marchandises hétéroclites, mais unifiées par leur tonalité rose.
Mélanie Chardayre
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