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Guillaume Lanneau, un graphiste « d’utilité publique »
Dans la lignée de l’atelier Grapus, une référence en matière de graphisme social, Guillaume Lanneau est un artiste engagé qui produit des images à vocation citoyenne. Il est convaincu de la capacité des images à faire réfléchir les gens, convaincu de leur utilité.
Plus qu’engagé, Guillaume Lanneau est un graphiste militant aux multiples activités : graphiste au sein d’un collectif mais aussi individuellement, enseignant à l’école Olivier de Serres pour les étudiants en DSA de graphisme et au Greta, et secrétaire général du Syndicat national des artistes plasticiens CGT.
Après des études à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs et un passage à l’atelier François Miehe, Guillaume Lanneau fonde en 1997 avec Bruno Charzat le collectif de graphistes Au fond à gauche. Le nom de ce collectif est déjà un engagement, il peut être interprété doublement : « Notre premier atelier se trouvait au fond d’une cour, à gauche. Evidemment, il y a aussi une connotation politique qu’on assume. »
 
Guillaume réalise aussi bien des projets personnels, militants ou non, que des travaux au sein de Au fond à gauche. Il travaille principalement pour des structures collectives : des collectivités territoriales, des associations, des comités d’entreprise ou des partis politiques. Il croit aux bienfaits du service public. « Jusqu'à présent, dit-il, j’ai réussi à tenir le choix de bosser pour des structures de ce genre là. Par exemple, je travaille pour les Verts de ma ville. Je n’ai vraiment aucune affinité pour les Verts au plan national mais il se trouve que dans ma ville ils font un boulot de qualité et ce sont des gens que j’estime. Je travaille dans des conditions impossibles mais c’est un vrai travail de terrain. Je réalise des plaquettes, je les reçois ensuite dans ma boite aux lettres car c’est diffusé aux habitants. De plus, ces clients me font confiance. Cela donne du sens à mon activité professionnelle. »
 
Pour lui, l’engagement ne se limite pas aux choix des sujets traités dans ses travaux. « L’engagement professionnel s’applique également en terme d’exigence sur la qualité du travail, sur la façon de fonctionner. En étant secrétaire général de mon syndicat, une organisation professionnelle qui défend les droits des plasticiens, y compris des graphistes, je milite aussi. Je pense qu’on a besoin d’outils collectifs pour faire des propositions, avancer le débat sur les statuts des artistes (droits d’auteur…).»
 
Parmi ses divers projets, Guillaume Lanneau prépare une exposition regroupant des images de graphistes sur le monde. « Ce festival contenant des affiches de bonne qualité permettra à ces dernières d’être diffusées. Aussi, en tant que syndicaliste, cela m’a permis de prendre contact avec des graphistes et de leur dire qu’il existe des structures collectives pour les défendre, qu’ils peuvent y apporter leur contributions. » Cette manifestation se tiendra au Festival de Soulac (14 et 15 juin 2003) et – idéalement – elle sera peut-être diffusée au Forum Social Européen en novembre 2003. « Je voulais l’emmener à Evian, au G8, mais, par manque de temps, je n’ai pas pu… »
 
Devant la profusion d'images que nous propose notre société - du simple logo à l'affiche 4 x 3 -, qui ne sont là que pour nous fidéliser à la consommation, cela fait du bien de voir des images telles que celles de Guillaume Lanneau, des affiches qui flattent notre sens critique et de réflexion plutôt que nos instincts de consommateurs.
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