Faites vos voeux !
Etherbrian
 
 
Richard Pak
 
Toute l'actualité de l'image Expositions virtuelles concoctées par BulBe... Propos d'artistes
Rechercher :
 

Rechercher
 
 
     
 



Index 
Index 
Index 
Index 
   

Retour à l'intro

Rêver
Dossier réalisé par Emmanuelle Guedj & Odette Minh Fleury

 


Vincent Citot rêve avec Bulbe
Une image, un songe par Luc Quaglia
Obscurs objets du rêve par Shana et Robert ParkeHarrison
Les rêves sombres de l'homme de sable version Neil Gaiman
Gaiman & Amano : chasseurs de rêves
Ondes, une série rêveuse du peintre Matthieu Herreman
Rêves de bulbeuses
Traiter du rêve par la BD, envie d'en parler sans exhaustivité

 

« Bollywood » ou l’art d’aimer indien


Vous avez la version encyclopédique qui pourrait vous informer : Le cinéma indien est le premier producteur de films au monde (800 films par an). L’expression « Bollywood » désigne les superproductions sur le mode de la copie des grandes histoires hollywoodiennes à la « masala » (sauce locale). Ce sont en général des films fleuves qui durent entre 3 et 4 heures avec un entracte. On les dit stéréotypées et kitsch fonctionnant toujours sur le mode de l’histoire d’amour à l’eau de rose (on sait dès le départ qui finit avec qui et pour toujours ils eurent de beaux enfants…). Il y a pleins de péripéties, les parents sont présents, on chante, on danse, c’est souvent les mêmes voix d’un film à l’autre (tiens c’est bizarre ce ne sont pas les mêmes têtes !! Les indiens sont-ils ventriloques ???). En ce qui concerne l’aspect comédie musicale, il faut à chaque fois 6 danses et trois chansons en gros dans les productions actuelles, qui expriment les malheurs du héros, les scènes de rencontre amoureuses ou même les scènes d’amour, les moments heureux. Il y a même des combats : le gentil prince charmant lutte contre de méchants garçons mais à la fin il gagne et devient souvent ami avec le méchant du premier temps.

Mais ce serait dommage de s’arrêter là, il faut voir ces films pour en apprécier toute la candeur, toute la profondeur et oui, c’est quand même un grand phénomène de régulation sociale qui est enseigné ici tout en nous faisant rêver. Et voilà, enfin, le lien avec notre thème : le rêve. Les bollywood nous font rêver à défaut font rêver les deux jeunes femmes (nous : E.G. et O.M.F.) qui avons décidé de parler du rêve. Oh la la, le prince charmant on en est revenu, quoique ! Ici on est emporté par la danse, les costumes magnifiques, les chants (révolutionnaires pour un occidental !), et surtout la drague ! Tout le schéma est extrêmement codifié. Vient la rencontre. La plupart du temps les enfants qui sont devenus grands se connaissaient à l’école maternelle et étaient les meilleurs amis du monde, le jeune homme part faire ses études en Angleterre ou aux Etats-Unis, revient plus beau qu’Apollon, et le flash à la Louis de Funès et Claude Gensac dans cette fameuse histoire de gendarmes fait détonner la musique, accélère les gros plans et les regards intenses de la caméra. La scène d’amour est torride et est construite complètement à partir du rêve amoureux.


Repérons les différents éléments du rêve : les stars, les acteurs de genre, les caractéristiques des actrices… et les éléments du réel : les inégalités sociales, la place des femmes, la place des traditions, du religieux. Les acteurs sont en effet de véritables idoles, vénérés comme des divinités hindoues. Ils racontent leurs vies à longueur d’interviews, dans la multitude de magazines indiens consacrés au cinéma. C’est sur l’adoration quasi-religieuse du cinéma, longues épopées d’amour et de valeurs, sortes de soaps ponctués par des chants et des danses, toujours très colorés, toujours très mouvementés que repose un des plus importants cinémas du monde.

insérer the_romance_image

Décrivons le positionnement du réel et de la fiction dans la construction de l’image. Changements de costumes inopinés toujours plus sensuels, toujours en jeux de cache-cache, une épaule se découvre mais à travers un voile scintillant, une goutte d’eau colle le vêtement au torse musclé de l’homme. Mais cet érotisme reste toujours très cadré par la dynamique saccadée des danses, du mouvement de tête, du sourire en coin intense et frais. L’érotisme pointe donc sous cet apparent respect de la moralité (les héros sont toujours très heureux sans bisous, censure oblige). Les tenues et les danses des actrices sont souvent suggestives et lascives mais toujours stoppées dans leur élan. On reste toujours dans une situation idyllique et déconnectée du réel, fantasmagorique et morale, sensuelle et enfantine. Chaque rêverie romantique nous emmène dans un lieu différent avec une grande prédilection pour les sites naturels avec une grande profondeur de vue, un désert indien, une plaine, une montagne rocailleuse suisse (les montagnes enneigées et les paysages verdoyants sont en effet des symboles de pureté qui nourrissent depuis belle lurette l’imaginaire collectif indien) où les amants (au sens de aimer et être aimé) escaladent les obstacles naturels. Ils se courent après, s’éloignent, se rattrapent, s’échappent, se rappellent du regard. « Dans les histoires d’amour à Hollywood », explique avec un humour caustique un jeune réalisateur indien, « les amants finissent invariablement au lit. Chez nous, ils tournent autour des arbres pendant trois heures en chantant et en se lançant des regards langoureux. » (Bollywood, The Indian Dream, citation du documentaire de Tom Coeman. Reportage de Nadine Kuhn, Concepts films, RTBF).

insérer photo kabhi 1

Vous salivez ? Rendez-vous pris dans les salles obscures pour voir « Devdas », « an indian family » ou « Kabhi Khushi Kabhie Gham… » selon les pays, «lagaan», ou alors tentez l’aventure en allant dans les petites boutiques de cassettes vidéo de la rue du Faubourg Saint-Martin. Et quel bonheur, cliquez vite sur le bonus, un extrait parfumé à la cardamone de «Kabhi Khushi Kabhie Gham… it’s all about loving your parents» de Karan Johar vous attend !

 

Vincent Citot rêve avec Bulbe
Une image, un songe par Luc Quaglia
Obscurs objets du rêve par Shana et Robert ParkeHarrison
Les rêves sombres de l'homme de sable version Neil Gaiman
Gaiman & Amano : chasseurs de rêves
Ondes, une série rêveuse du peintre Matthieu Herreman
Rêves de bulbeuses
Traiter du rêve par la BD, envie d'en parler sans exhaustivité
 
  Tous droits réservés • Bulbe 2002 - 2013