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Ondes, une série rêveuse du peintre Matthieu Herreman
Né en 1975 à Paris, Matthieu Herreman est un artiste dont le parcours ressemble à peu près à cela : Paris – Irlande – New York – Athènes – Australie – Paris (Baccalauréat, désir de nouveaux voyages) – Indonésie – Australie – Paris (dessin, infographie) – Marseille (peinture, première expo, retour du public, expos particulières) – Paris (expo Ondes grâce au mécénat de l’aéroport d’Orly) – Marseille – Amérique du sud – Marseille (maintenant) – …
Son œuvre s’inspire du « Dream Time » des aborigènes d’Australie, ce temps d’avant où tout est arrivé d’un coup et dont les histoire sont racontées à l’aide de points tracés dans le sable.
Rencontre avec cet artiste qui dit volontiers avoir atterri sur terre à 20 ans.
Qu’est ce qui t’a fait intégrer l’identité visuelle de l’art aborigène à ton travail ?
Le déclic s’est fait après une exposition vue à paris au musée des arts d’Afrique et d’Océanie de la porte Dorée. C’était mon dernier jour à Paris juste avant de partir pour Marseille. J’ai fait le lien avec tout ce que j’avais vécu en Australie pendant mon adolescence.
Sur quoi se base ton travail ?
Mes toiles représentent un monde vibratoire, organisé en cercles concentriques. Pour l’exposition Ondes, j’ai travaillé sur ce principe vibratoire qui ressemble à la chute d’une goutte dans un liquide. C’est un principe très simple, mon idée est de reprendre ce mouvement concentrique et de le faire vibrer. Là où je diffère de l’art aborigène traditionnel c’est que ce dernier raconte des histoires du « Dream Time », alors que j’imagine ce que le spectateur va penser devant ma toile. J’imagine celle-ci comme un poche, un espace de liberté où il y a une histoire, que le spectateur doit imaginer. L’élément déclencheur de la communication entre ma toile et le spectateur est justement cet ensemble de cercles concentriques. Il faut se prêter au jeu, écouter la toile, par le biais de la vibration l’hypnose de l’œil du spectateur crée un moment d’absence, une ouverture vers le monde du rêve.
O.asis (9265)
Qu’est-ce qui t’inspire ? Dessines-tu tes propres rêves ?
Ce que je vois m’inspire, je dessine aussi surtout pour le plaisir de dessiner.
Sinon, je ne traduis pas mes rêves en points, ma démarche est plutôt d’établir un dialogue muet avec la personne qui regarde la toile, dans une optique proche de la méditation. J’adore entendre des gens ce à quoi mes toiles leur font penser. La toile O.asis a eu beaucoup de succès, c’est une des deux toiles non finies (l’autre étant O.rbit), où les cercles ne recouvrent pas la toile dans son intégralité. De ce fait, les gens font davantage attention aux fonds des toiles, il y a plus de liberté et l’invitation au rêve et au voyage est différente. Le bleu du fond d’O.asis a fait penser aux spectateurs à beaucoup de choses, les cercles inachevés leur semblaient être des boucliers. Je dessine aussi des tout petits détails dans mes fonds, parfois j’utilise l’écriture, pour raconter une histoire, mais qui n’est pas toujours lisible au sens propre du terme. Quand je peins mes fonds, la technique est très proche de la cuisine, j’aime ajouter des matières différentes : du café, du sucre, du liquide vaisselle…
O.rbite (9273)
Si certaines de tes toiles se différencient par des cercles « inachevés », d’autres se distinguent par la présence d’un carré ou d’un rectangle, pourquoi ?
C’est également une manière de me singulariser par rapport à l’art aborigène, c’est un peu un pied de nez car ces formes carrées n’existent pas chez eux.
O.bit (9265)
Qu’en est-il des titres de tes toiles ?
Mes titres pour la série Ondes ? Un « délire » sur le « O ». Je ne voulais pas imposer de lecture du tableau avec un titre, j’ai donc ouvert mon dictionnaire à la page des mots commençant par « O » et j’ai choisi les mots qui me plaisaient. Cela donne parfois des résultats surprenant, comme une toile toute bleue intitulée « O.range » ! Je ne procède pas à une intellectualisation de la toile par un titre, les mots du titre sont collés aux toiles par le jeu du hasard, cela permet encore un fois d’inventer une histoire. Je trouve que souvent les mots font plus de mal que de bien, qu’ils sont dangereux et qu’ils empêchent parfois l’esprit de rêver en imposant une grille de lecture de la toile.
O.rchidée (10073)
Ta prochaine exposition ?
Sur le thème des vagues, je la peins en ce moment. Elle aura lieu à Marseille, mais je ne sais pas encore où exactement.
Propos recueillis par Emmanuelle Guedj.
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