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Flou
Le flou est autant un problème technique qu’une volonté de se démarquer stylistiquement pour un photographe. « Créer » du flou dans une image - donc utiliser une vitesse lente sur l’appareil photographique - et ainsi une sensation de mouvement, de « bougé » se crée dans l’image. Certes, un élément difficile à maîtriser et aléatoire mais ce manque d’emprise sur l’image peut apporter un aspect fantomatique, étrange ou nostalgique…
A l’instar du personnage signalé « Out of focus » comme dans ce film de Woody Allen, « Deconstructing Harry », où le personnage devenait littéralement flou à l’image, l’image floue se démarque. A nous, dans cet aspect esthétique réussi pour les uns ou raté pour les autres (voir les fameuses photos non facturées de la Fnac lorsque celles-ci manquent de netteté) de recomposer une scène, un visage ou de se laisser aller dans l’inconnu. L’inconnu, un univers où se plaît la photographe Dolorès Marat par exemple, ses visions sont comme fragmentées et ses photos réalisées de nuit sans flash apportent une atmosphère irréelle et hypnotique.
Le flou, c’est également une question de temps car il représente un espace-temps trop long pour l’image, un temps de pose qui rend flou, inévitablement, les personnages d’une image ou rendu flou, de même, si le photographe bouge son appareil. Un effet de style beaucoup utilisé en photo de mode : Sarah Moon, Paolo Roversi et plus récemment Nick Knight qui rend flou ses images jusqu’à ce que celles-ci soient à peine compréhensives.
Pour réaliser une mise au point sur les différents flous artistiques, BulBe a choisi deux femmes et un homme. Deux femmes, l’une Olivia Gay, reporter, et l’autre, Donja Pitsch, photographe de mode, complémentaires dans leur point de vue et leur sensibilité arborant l’utilisation du flou avec délectation. Puis David Amstrong, dont la sensibilité n’est pas moindre, qui nous fait part, à travers un livre étonnant, d’un point de vue radical sur son univers.
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