Faites vos voeux !
Etherbrian
 
 
Richard Pak
 
Toute l'actualité de l'image Expositions virtuelles concoctées par BulBe... Propos d'artistes
Rechercher :
 

Rechercher
 
 
     
 



Index 
   

Retour à l'intro

Toys Camera
Dossier réalisé par Sandrine Derym

 


Vous avez dit gadget ?
Le journal d'un lomographe
Le monde selon Romain
L’inspiration vient en surfant…

 

Les vacances de Fred Lebain avec Holga

« Mes vacances avec Holga », titre de l’exposition et du livre de Fred Lebain, lauréat du Prix « Attention Talent 2001 » de la Fnac, laissait supposer un énième travail sur l’intime à la manière d’un Bernard Plossu. Sauf que dans ce cas, Holga est un appareil photo bon marché où le résultat est souvent imparfait : vignettage, saturation des couleurs et autres déformations de l’image. Utiliser les défauts de cet appareil ayant l’apparence similaire à un jouet a tout de suite stimulé l’imagination du jeune photographe. Au final et en format 6x6, des images dépaysantes et nostalgiques, plus révélatrices encore du côté ludique de cette récréation - les vacances - que s’est accordé l’auteur au milieu de ses travaux de commande. Un drôle d’appareil que l’on peut se procurer chez Colette ou sur le site officiel de Lomo. Mais laissons tout d’abord Fred Lebain nous raconter plus en détail son parcours et ses vacances avec Holga…

Comment êtes-vous devenu photographe ? Avez-vous suivi une formation ?
J’ai d’abord été styliste. Je suis arrivé à la photographie en côtoyant les photographes qui faisaient des clichés de mon travail. Au bout de quelques années, j’ai eu envie de m’exprimer différemment, d’avoir des choses à montrer. Je me suis mis à la photo progressivement. Je suis donc autodidacte. Je trouve que ce qu’il y a sur les images est plus important que la technique en elle-même, mieux vaut avoir de bonnes idées qu’une technique parfaite.

Ce qui est paradoxal, car vous travaillez beaucoup en nature morte et ce type de photographie demande une grande précision technique…
Oui, mais j’aime avoir un regard de débutant sur ce que je fais. Je n’ai pas de contraintes, je prends les choses un peu comme ça vient, même si je galère un peu plus parfois que si j’avais une technique plus maîtrisée. Je sais quand l’image me plait et voilà.

Comment avez-vous réussi à vous faire connaître et à avoir des commandes ?
Je me suis fait connaître grâce à mon site et à mon book évidemment. Le travail marche aussi par rencontres car 3/4 de choses qui se font, c’est au niveau des rencontres. J’ai fait un peu de pub aussi, mais je ne cours pas après. Je n’ai pas d’agent et je n’en cherche pas à l’heure actuelle car j’aime la liberté. La pub, ça devient une grosse contrainte : il y a tellement d’enjeux et de gens autour de vous que vous faites ce que l’on vous dit. Ce n’est plus vraiment un travail d’auteur…

Comment se déroule votre travail au quotidien ?
Je travaille beaucoup en studio, et c’est ce qui me fait vivre aujourd’hui en travaillant sur des images de nature morte. Je bosse pour des magazines du style de «Jalouse» avec, en plus, pas mal de liberté, ce qui est fort agréable. Et à côté de cela, j’ai tout un registre plus artistique où je fais des choses du type d’Holga.

Justement, d’où vous est-venue l’idée «des vacances avec Holga » ?
Holga, c’est un hasard pur. J’ai découvert chez un marchand ce curieux appareil en plastique, il m’a amusé. L’un de ses intérêts, c’est que l’on peut mettre du moyen format 6x6. C’est le contre-pied de ce que je fais au quotidien – un travail précis, nickel - alors que là, il y a beaucoup de défauts.

Cet appareil n’est pas très connu du grand public, fait-il partie de la gamme Lomo en ce moment très à la mode ?
Non, cela n’a rien à voir. Holga, à la limite, c’est encore plus rudimentaire. Il y a 3 positions pour le diaphragme, avec des petits pictos « portrait », « paysage », « groupe de gens »… Il n’est pas très connu et pas beaucoup distribué par rapport au Lomo. Je sais qu’il y a des gens qui ont cherché à l’acheter après avoir vu l’exposition.

Quand a commencé le projet Holga ?
Il y a 3 ans, au cours d’un voyage, j’ai trouvé cet appareil et je l’ai aussitôt essayé. J’ai fait mes planches-contact sur place et j’ai été séduit. C’était amusant, original, étonnant. Je me suis dit qu’à chaque photo de vacances, je prendrai Holga. En réunissant toutes ces images, j’ai décidé de faire un petit projet intitulé «Mes vacances avec Holga» et il en est découlé quelques expositions, quelques sélections (le Mois off de la photo, la Fnac, le Webbar avec une expo de tirages grands formats). Maintenant, je ne m’en sers plus, le projet est fini. A part si un jour on me demande de faire un travail avec ça, «à la façon de…».

Vous avez du prendre une multitude de photographies …
Vu que le résultat est aléatoire avec ce genre d’appareil, sur le nombre de bobines, il y a eu beaucoup de déchets. Cela dépendait aussi de son étanchéité, de la lumière qui produisait un voile ou non… C’est le tracas classique du photographe où tout n’est jamais bien. J’ai retenu les images qui me plaisaient le plus graphiquement ou qui m’évoquaient de bons souvenirs.

Que vous a (r)apporté un prix tel que «Attention Talent 2001» organisé par la Fnac ?
Une notoriété publique vu que la Fnac est quand même destinée au grand public et parce qu’elle organise pour les lauréats une exposition qui va tourner dans ses magasins pendant trois ans. Tout cela, ça donne un sens à l’aventure pour continuer plus loin qu’à Paris et donc la montrer au plus grand nombre. On ne gagne pas d’argent mais la Fnac finance les tirages à l’aide de partenariats. Des dossiers de presse sont envoyés, alors il y a des retombées ou il n’y en a pas. En ce qui me concerne, il y en a eu pas mal, des articles sont parus dans «Cosmopolitan», «Marie-Claire», «DS»… Sur un premier projet, c’est agréable d’avoir cette reconnaissance. Vous êtes plus crédible lorsque vous avez un livre et quelques prix qui l’accompagnent. Les gens ne vous regardent plus de la même façon.

Un livre des vacances sur «Mes vacances avec Holga» est sorti également, c’est aussi grâce à la Fnac ?
Non, il est sorti avant le Prix de la Fnac. Je n’arrivais pas à voir l’aboutissement de mon travail. J’avais le livre en tête, il était maquetté et je ne trouvais pas de gens pour m’aider. J’ai pris sur moi, j’ai investi là-dedans. Le livre est en rayon à chaque fois qu’il y a l’exposition dans une Fnac. Il y a eu 1000 exemplaires d’édités et à peine 700 de vendus, ce qui est déjà pas mal pour une monographie d’un photographe inconnu. Il devrait être réédité prochainement par le Lomo Organisation qui vend les Lomo et dérivés.

Combien ça coûte de faire un livre de photographies à compte d’auteur ?
Ca coûte 10 600 euros (à peu près 70 000 francs). Et encore, je n’ai pas payé un certain nombre de chose grâce à des amis qui étaient dans la photogravure. Sinon, un projet de ce genre, ça revient à 120 000 francs environ. Et 1000 exemplaires, ce n’est forcément pas rentable. Moi, je l’ai fait pour arrêter ce travail, pour l’avoir sur papier. Si j’ai d’autres livres à faire, ce sera plus facile. D’ailleurs, quand je vais en rendez-vous, même si mon book est orienté « Nature Morte », j’amène mon livre. Ce qui prouve que je fais quelque chose à côté de la nature morte, ce qui n’est pas le cas de tous les photographes qui ont une spécialité.

Quel était le motif des éditeurs pour refuser la publication de votre livre ?
Si vous ne vous appelez pas Araki ou Arthus-Bertrand, vous ne les intéresserez pas forcément. Commercialement, vous n'allez pas vendre énormément si vous n’avez pas de couverture médiatique. A part quelques-uns comme Taschen qui prennent plus de risques, les éditeurs sont plus des financiers que des passionnés.

Quels sont vos références dans ce genre de travail ?
J’aime bien des gens originaux comme Ledermayer qui fait des paysages de montagnes avec des skieurs minuscules. Nicole Travayan qui effectue des retouches numériques sur des corps de femmes. Nathalie Lesueur qui met de la gelée ou des légumes sur le corps de femmes. Ces travaux, cela fait partie des projets que j’aurais bien aimé faire.

D’autres expositions ou livres en perspective ?
Je pars au Japon pour continuer différentes choses que j’ai commencées là-bas. Le sujet est banal et le traitement l’est moins. Mais c’est encore assez flou...

Le site personnel de Fred Lebain : propice

 

Vous avez dit gadget ?
Le journal d'un lomographe
Le monde selon Romain
L’inspiration vient en surfant…
 
  Tous droits réservés • Bulbe 2002 - 2013