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La Poupée de chair morte
JLN DRR par lui-même
« À un moment où les corps sont perçus comme des machines à jouir, évalués, jaugés en tant que tels, la pornographie en est simplement l’illustration servile, comme les cartes postales qui rendent compte d’un lieu touristique, avec platitude et goût de la véracité. […] La pornographie fonctionne, et elle fonctionne généralement bien. Elle apporte la satisfaction à certains appétits. Elle tient, comme produit de consommation, assez exactement de la barre chocolatée industrielle, un produit de série avec une grande variété de présentations, pour tous les goûts. […] La pornographie ne fait pas peur : elle amuse, elle obsède, elle plaît et excite, elle fait scandale, elle dégoûte ou se rend ridicule. […] Devant ces images et le rapport trouble que nous entretenons avec elles, nous partons à la recherche de réponses plastiques. Où se situe le seuil entre une image absurde ou abstraite, et une image de chair ? Peut-on transformer notre rapport avec ces images en créant de nouvelles images ? »
Extraits du texte
Les Monstres pornographiques
La Poupée de chair morte est une image qui m’a accompagné pendant de longues années. La première version date de 1997. À l’origine, une silhouette pornographique, l’image d’un corps offert et ouvert. Une image qui fonctionne sur moi, une image qui me fait marcher. Il s’agit de ne pas se laisser faire à chaque fois. Donc, à force de refaçonner cette chair fantasmée, et au cours de plus d’une dizaine de versions successives, finalement toutes aussi satisfaisantes, l’image originelle a été démontée et remontée, aplatie sous des motifs décoratifs un peu malsain et finalement abandonnée dans un de ses derniers états, courant 2002. C’est bien une poupée, car la manière que j’ai eu de jouer avec tient de celle de l’enfant qui torture ses peluches, leur ouvre le ventre et leur arrache les yeux, pour exorciser ses propres angoisses de subordinations au travers de l’expérience du sadisme.
JLN DRR
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