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Stopub lave votre esprit critique encore plus blanc On a récemment pu lire sur le web des informations concernant les performances d’individus se retrouvant à un rendez-vous précis avec une mission commune ordonnée par des collectifs artistiques.
De la même manière, à l’initiative du collectif Stopub, le 7 novembre 2003, quelques stations des métro parisiennes et bruxelloises ont vu débarquer sur leurs quais un public hétéroclite, de 7 à 77 ans, qui à un signal anonyme s’est mis à brouiller ou détourner les affiches 4 par 3.
Vandalisme ? Certes, les régies publicitaires de la RATP ont bien entendu porté plainte. L’hébergeur du site du collectif, Ouvaton, est assigné en justice. Mais il est à signaler que les actions sont non-violentes, sans détérioration ni dégradation du mobilier RATP. Les organisateurs insistent là-dessus. Les dernières actions se sont apparemment déroulées dans le calme.
Au-delà de toute considération ou jugement artistique sur les interventions, on peut y voir au moins un manifeste intellectuel de l’individu face au dictat des divers messages publicitaires.
Doit-on rappeler que ces messages sont « propagés » par des « campagnes » élaborées en fonction de « stratégies » ? Pourquoi un tel langage militaire ?
Qui est l’ennemi ? C’est vous. Vous et votre culture, votre jugement vous permettant encore de discerner ce dont vous avez ou non besoin d’acheter. C’est ce dernier rempart que le grand marché cherche à annihiler car Vous DEVEZ avoir besoin de SA lessive ! Vous le valez bien, vous le faîtes, tout simplement, vous pensez différemment. Autant de messages, concoctés par de vrais généraux de la communication qui redoublent d’efforts pour vous ranger à leur volonté, Le message vous dérange ? On le fait disparaître derrière un signe, une ambiance qui saura vous toucher plus intimement encore.
Et vous tombez tellement dans le panneau que vous vous y complaisez. Si, si, ne niez pas (lisez Bulbe !).
Doit-on légitimer ces actions antipub ? Doit-on vouer la pub aux gémonies ? Peut-être pas radicalement, il ne faut pas oublier que la communication peut aussi servir à véhiculer de l’information et de la culture (lisez Bulbe !). Et la pub a maintes fois fait preuve de créativité en utilisant les qualités qui composent la base de nos relations en société (astuces, humour etc.). Mais lorsqu’on passe une heure dans le métro parisien, on devine bien que la qualité visuelle a été évincée depuis longtemps au profit du seul message si pauvre parfois qu’il en est insultant.
Dans ce cas on peut voir dans les actions collectives de Stopub un réveil salutaire pour l’esprit critique individuel qui s’était noyé dans un individualisme devenu commun. Espérons que ce réveil débouchera sur quelque chose de positif et ne retombera pas après la fièvre altermondialiste.
Un nouveau réveil est programmé le vendredi 28 novembre 2003, pour toute information :
Stopub
Lisez Bulbe !
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