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Géant ! François Morellet au MAM.
Micro rétrospective pour le maître de la ligne géométrique, de sa répétition et de ses combinaisons. « Quand j'étais petit je ne faisais pas grand » ou comment, 55 ans après, Morellet revisite la contrainte.
Lignes brisées, répétées, superposées, colorées, ondulées, droites, torves, parallèles : on ne compte plus les contraintes que l’artiste possède à son arc.
Ici, il propose comme règle de réunir onze de ses peintures abstraites de petit format réalisées en 1952 et de les présenter avec leur réplique agrandie, dans une mise en scène qui révèle et dévoile, conçue par Didier Fiuza-Faustino et le Bureau de Mésarchitectures.
L’évidence la maîtrise originelle de son vocabulaire s’impose alors.
Blow-up 1952-2007, Quand j’étais petit je ne faisais pas grand
Musée d’Art moderne de la ville de Paris
11, avenue du Président-Wilson
75116 Paris
Jusqu’au16 septembre 2007
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Designing interactions
Plein de gens sont persuadés qu’on a inventé l’ampoule en voulant améliorer la bougie ; Plein de gens sont également persuadés que ce sont des informaticiens qui ont inventé l’ordinateur tel que nous le connaissons…
Dans le livre Designing interactions, Bill Moggridge choisi justement de nous raconter l’évolution de l’informatique, de la naissance du PC au design d’application, en nous faisant rencontrer des gens, d’horizons et de métiers différents, qui ont tous participé de façon singulière à cette évolution. L’ouvrage à le mérite d’être simple, d’aborder de façon concise plusieurs concepts phares, par le biais du travail de chacune des ces personnes. Le livre inclus un DVD sur lequel on peut visionner un entretien avec chaque personne rencontrée.
Première constatation : il est difficile d’attribuer l’invention de l’ordinateur à une seule personne, même si on attribue à certains la paternité de tel ou tel concept, on se rend bien compte que l’informatique est une savante addition de différentes inventions qui ont su se connecter. Il est évident que tout cela n’est pas non plus l’invention d’une seule entreprise, comme on nous le laisse croire de façon assez réductrice. Le concept de Dynabook d’Alan Kay a bien permis l’invention du PC mais il est aussi évident, qu’il ne l’a pas inventé seul : d’une part il travaillait avec une équipe, d’autre part ils ont implémenté les recherches et travaux antérieurs d’autres personnes sans lesquels rien n’aurait été possible.
La preuve en est qu’Alan Kay ne figure pas dans cet ouvrage (il n’est pas dans les personnes rencontré mais son travail est largement cité), et pourtant la liste est longue, on y retrouve plusieurs personnes telles que Douglas Engelbart, Bill Atkinson, Tim Mott, Larry Tesler, Paul Bradley et bien d’autres. On prend ainsi bien la mesure des différents métiers et cultures qui sont à l’origine de l’informatique, pas seulement des scientifiques, ingénieurs ou designers mais également beaucoup de sociologues, psychologues, ergonomes, artistes, etc.
Un autre intérêt de ce livre est d’utiliser de façon interactive l’intérêt du net en faisant référence à un site qui sert d’alter ego de façon dynamique au livre. Ainsi il est possible de consulter sur le net sa quasi-totalité, découpée en chapitres (dont des versions PDF intégrales sont téléchargeables) avec vidéo des entretiens présents sur le DVD.
Ce livre est donc consultable intégralement gratuitement sur le net. Il faut cependant avouer qu’à ce prix là, il serait idiot de se priver du confort de consultation de la version papier, relié cartonné, incluant le DVD, le tout de très bonne facture.
Designing interactions | Bill Moggridge | MIT press 766 p. couleurs + DVD | en anglais | ISBN-13 : 978-0-262-13474-3 | environ 25 €
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Total interaction, le design lié aux technologies informatiques
Quelles théories peuvent émerger de la confrontation du design, au sens traditionnel, avec les pratiques du design liées aux technologies informatiques ?
En s’entourant d’auteurs, acteur de l’industrie informatique, théoriciens du design, etc., l’ouvrage de Buurman tente de faire un tour de la question. Chaque intervenant aborde un des champs du design tel qu’on l’entend aujourd’hui dans le domaine des technologies informatiques : les notions de mémoire et enregistrement, d’invisible et de virtuel, des relations de perception entre le naturel et l’artificiel, mais aussi parfois de manière très pragmatique, par exemple, dans l’étude de l’apport d’une technologie comme Flash dans la pratique du design interactif.
L’ouvrage est de très bonne facture, son design est justement d’une sobriété adéquate, présentant même sous forme cartographique les différents thèmes de réflexions manipulés dans l’ouvrage : ainsi vous pourrez étudier visuellement le positionnement des auteurs intervenants, en relation avec les univers visuels, par les interfaces utilisateur graphiques ; univers scientifiques, avec les robots ; et univers pragmatiques par les interfaces utilisateur tangible (très en vogue avec les manette de jeux sensorielles ou les écrans tactiles).
L’auteur, dès la préface, pose les bases des notions de design, tant pour sa conception anglophone que pour la perception et l’usage de ce terme dans les pays non anglophone. Il est vrai que ce terme de design utilisé chez nous de façon très « légère » comme qualificatif est dans sa langue d’origine presque une théorie, un mode de conception en soi. L’ouvrage est assez exhaustif en faisant quelques rappels historiques afin de replacer les éléments dans leur contexte, il est clair, bien documenté mais reste tout de même ardu pour qui n’a pas l’habitude ou la pratique de ces disciplines.
Total interaction, theory and practice of a new paradigm for the design disciplines
Édité par Gerhard M. Buurman pour Birkhäuser, 366 p. couleurs | en anglais | ISBN-13 : 978-3764370763 | environ 50 €
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Les Rencontres d'Arles sous le signe de la (re)découverte
En guise d'introduction pour cette édition 2007, les mots du Président François Barré, interpellent : « Après le maelström Depardon, se mêlait à notre joie du succès rencontré (52000 visiteurs dont 20% d’étrangers soit 50% de plus qu’en 2005) une interrogation inquiète sur le futur à inventer pour ne pas perdre l’élan pris et le mouvement qui nous avait portés.»
Donc ça y est, Arles est un succès. Il est vrai que les choix de Raymond Depardon étaient étonnants et pertinents sur la nouvelle photographie, il a l’œil et le public a suivi. Cette phrase en dit long aussi sur le succès manifeste et grandissant de la photographie et surtout des expositions de photographies, cf. Paris Photo, cf. les expos de plus en plus nombreuses sur ce médium…
Cette année, plusieurs personnalités se partagent le gâteau et proposent des artistes coup de cœur. Sont visibles les favoris de Bice Curiger, historienne d’art, d’Alain Fleischer artiste aux talents multiples qu’on ne présente plus, d’Anne Wilkes Tucker, conservatrice au Museum Fine Arts de Houston et de Thomas Winski, conservateur au musée Aus der Kunst de Munich. Ces différents points de vue - de l’artiste au conservateur - ont le mérite de mettre en avant la nouvelle photographie, pratiquement tous les artistes présentés ont la trentaine. Une occasion exceptionnelle de percevoir le renouveau de la photographie.
La manifestation India Now met l’accent sur la photographie contemporaine indienne, un domaine peu abordé. Et finalement, le Festival rend un hommage aux 60 ans de Magnum où sera retracé l’histoire de la fameuse agence et de son renouvellement perpétuel de photographes, le complément parfait de l’exposition encore visible à la Cinémathèque.
En Arles jusqu'au 16 septembre prochain
Tarifs des expositions : de 4 à 7 euros par exposition, possiblité de pass pour l'ensemble des Rencontres.
Pour plus d'informations sur les Rencontres d'Arles
Photos ci-contre : © Laura Henno, dans la sélection "Découvertes" du Festival, choix d'Alain Fleischer
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Invisible Adversaries, VALIE EXPORT
Index, le label DVD viennois visant à la diffusion de films issus de la très riche filmographie des cinéastes et vidéastes expérimentaux d'Autriche ou d'Europe centrale, nous offre aujourd’hui Invisible Adversaries, un film réalisé en 1977 par VALIE EXPORT.
L’héroïne, Anna, est obsédée par une invasion d’aliens ressemblant fort à l’installation d’un pouvoir patriarcal, voir même fasciste.
La schizophrénie dont elle souffre structure le film, son montage et ses séquences : de longs plans alternent avec des séquences violemment rapprochées, le noir et blanc avec la couleur, le domicile privé (chambre, cuisine, toilette, salle de bains) avec la ville et son architecture, les photographies avec les vidéos.
Elle structure aussi l’acte créateur et le discours. « Si vous êtes créatifs, vous êtes suspects. »
Ajouter à cela le fait d’être une femme, dans un pays où les interdits et la rigidité sociale marquent encore de leur joug chaque esprit libre, pour entrevoir la camisole où est enfermée Anna.
Comment résister à la réalité ? En arpentant la ville et la vie chaussée de patins à glace, en se posant ainsi sur le fil de l’existence, un fil de métal qui claque sur le sol, dans les escaliers, dans les salons mondains, avant de fendre la chair des cuisses d’Anna.
En entr’apercevant un bébé gigotant dans le frigo, pendant que l’élaboration de dîner pour l’homme se construit : étêtage, évidage, écaillage, panage puis cuisson du poisson mis en parallèle avec la toilette et le maquillage de la femme. Lorsqu’il coupe le filet posé dans son assiette, c’est Anna qui est fendue.
Les mots s’accumulent, les formes aussi. Anna est photographe, traquant et revisitant l’Histoire, la féminité ; traquant aussi son reflet, celui qui pleure lorsqu’elle s’éloigne du miroir, celui qu’elle punaise sur une feuille, celui qu’elle crucifie au feutre sur sa peau.
Difficile de trouver sa place, dans une société perverse et menteuse, totalitaire et tricheuse.
VALIE EXPORT ne renonce pas, elle et son héroïne s’émancipent, parlent de leur sexe et le montre, ouvrent des portes (celles de l’appartement d’Anna, cette multiplication de gestes rituels : éteindre la lumière, clore une porte, étendre une autre lumière, clore une autre porte, l’appartement n’a plus de limites, l’obscurité -l’obscurantisme- est bientôt totalement enfermé et c’est ainsi qu’Anna rejoint sa chambre, son intimité) et montrent la route qu’il reste à parcourir.
DVD Invisible Adversaries, VALIE EXPORT
Index
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De fil en aiguille, Nicole Tran Ba Vang
Nicole Tran Ba Vang reprend son ouvrage où elle l'avait laissé dans sa Collection Automne/Hiver 2003-2004. De fil en aiguille, elle perce et pare ses modèles, l'espace même de l'exposition, et invente le « wall-embroderies ».
L'aiguille de l'artiste poursuit son minutieux travail de perforation et d'ornementation, pénétrant à gros points la chair tendre et offerte, brodant l'harmonie et l'insupportable.
Devant ces femmes parfaites emprisonnées dans les fils de l’apparence et de l’esthétisme, l’œil en vain cherche un refuge logique, conventionnel.
« Delphine » nue, couchée sur le sol, métamorphosée par les motifs qui l’ornent et la retiennent, est victime d’une invasion. Comme un virus – celui de la représentation, celui du diktat de la mode – les fleurs prolifèrent et envahissent son corps. Un corps qui cherche à s’échapper, qui sort presque du cadre de la photo. La peau, cette pellicule si vulnérable, n’est plus protection et subit l’assaut répété de l’aiguille.
Très vite, la sublime vision de ces corps idéaux, de ces images poétiques, bascule dans la douleur et l’incompréhension.
C’est sur ce contraste, sur cette frontière ténue qui lie l’attrait et la menace, l’identité et l’apparence, que Nicole Tran Ba Vang tisse son œuvre.
Et des habits de peau des années 2000 jusqu’aux femmes en peau brodées de 2007-2008, cette première exposition personnelle permet de rendre compte de ce travail charnel, qui dénude l’âme et recouvre le corps.
Plus que jamais, parce que les motifs maintenant s’égarent sur les murs et sur les sols, parce que les liens qui retiennent chevilles et poignets sont plus épais, parce que le téton détouré, le sein profondément troué, sont terriblement perturbants, les femmes paraissent martyres, élevées au rang de sainte, souffrant dans leur chair d’une intolérable douleur identitaire.
Elles « paraissent », en effet.
Et c’est ce paraître que Nicole Tran Ba Vang brode et inscrit, au plus profond de la chair, jusqu’à l’être.
« No stress, just strass”
Jusqu’au 10 juin au CCC de Tours
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Les transphotographiques sur fond de cinéma
Sur l'affiche de ce Festival, une admirable photo de Robert Mitchum qui échappe à une vague du bout des pieds. Nostalgie, dynamisme, un petit air de Cannes, tous les ingrédients pour cette nouvelle édition de ce festival de photo de plus en plus important y sont. On avait regretté l'absence des Transphotographiques l'année dernière à Lille mais cette année, nous sommes tout à fait rassurés.
Et la thématique des rapports entre cinéma et photographie est largement exploitée : des photos de tournages, des portraits de stars plus classiques, de grands noms : Agnes Varda, Peter Lindbergh, Françoise Huguier, Lucien Clergue... Tous sont là pour apporter leur vision sur le 7e Art. Les lieux utilisés pour les expositions sont magiques : la crypte de la Treille, le ultra fashion Tri Postal, le splendide Palais des Beaux-arts et bien d'autres. Jusqu'au 17 juin, il y a de quoi voir. Un festival de choix, il n'y a pas à dire...
Les Transphotographiques de Lille dans la ville de Lille et ses environs
Jusqu'au 17 juin
Toutes les entrées sont libres
Pour connaître toutes les expositions des Transphotographiques
Photo ci-contre : © Leo Mirkine
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C'est qui Sharko ? Mmmh, on se demande...
Et voici les aventures de Nico Sharko, soit le dernier héros de Lewis Tronheim sur la toile. Après l'hilarant personnage de glandeur/dragueur de Frantico sur le même modèle de site, revoilà un autre personnage, chef d'entreprise de son état, autrement moins sympathique car plus carnassier, capitaliste et faussement magnagnime...Le rapport avec une certaine politique actuelle n'est évidemment pas fortuit et le blog BD a démarré le 6 mai, tiens, tiens. Tromdheim ajuste ses histoires au jour le jour, c'est cela l'avantage du Net, et nous concocte un mix savoureux à mi-chemin entre Dilbert et Charlie Hebdo. À suivre tous les jours, en riant bien jaune bien sûr !
Le site de Nico Sharko
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À l’attaque, Adel Abdessemed
Ce n’est pas un catalogue des œuvres d’Adel Abdessemed que nous découvrons ici, mais sa pensée, engagée, mobilisée, incroyablement riche des auteurs et philosophes qu’il a lus et assimilés, de l’Orient de sa naissance à l’Occident de ses actions.
Une pensée où se mêlent tradition et contemporanéité, sédentarisme et nomadisme, autant de reliefs qui habitent et écrivent ses œuvres.
Entre l’étude que lui consacre Philippe-Alain Michaud et les entretiens menés par Elisabeth Lebovici, la personnalité d Adel Abdessemed se sculpte, et les instantanés des œuvres reproduites finissent de capter ses humeurs et de les changer en images.
Des œuvres jamais bavardes, mais brutes et énigmatiques (en ce moment, deux d’entres elles sont exposées à Airs de Paris, à Beaubourg), des énoncés qui privilégient les actes de mémoire et de résistance face à toutes formes d’oppression et de vérité autoritaire.
« Acte », un mot qu’il aime, mot en mouvement, direct et percutant, qu’il associe aussi à des notions de « pratiques ». Il « pratique des matériaux », pour engendrer des blocs de pensée et de dialogue, en réponse aussi au « Practice Zero Tolerance » de Bush puis de Sarkozy.
Si ses images et ses expositions, qu’il appelle des agencements, sont minimales, leur sens lui, est maximal. Il plonge dans la passion et la rage, détecte la rumeur de l’histoire pour en extraire un geste, une attitude, une zone sensible.
Il dit de lui : « Je suis le messager du minimum », un minimum que l’on entend aussi dans ce titre : « À l’attaque », et qui plus que jamais est d’actualité.
À l’attaque
Adel Abdessemed
édition bilingue (français / anglais)
160 pages (64 ill. coul. et n&b)
jrp/ringier - diffusion Les Presses du réel
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