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Kate, la mode et Londres...
Alors voilà Face of Fashion soit la photo de mode à Londres, avec de dignes représentants de la nouvelle (Mario Sorrenti, Corinne Day) et de l'ancienne (Paolo Roversi, Steven Klein...) garde. Drôle de mélange, de l'atmosphère sophistiquée de Roversi à celle plus grunge de Corinne Day, ou plus visionnaire des deux complices Mert Alas and Marcus Piggott, il n'y a que quelques pas à faire dans cette exposition proposée à la National Portrait Gallery.
Une figure, ou plutôt une icône récurrente, le terme serait plus juste, dans ces univers : Kate Moss. Car qui mieux qu'elle représente le mieux la photo de mode, à Londres qui plus est, son pays d'origine, et qui a vu évoluer cette photo de mode de ses débuts avec Corinne Day justement, qui l'a découverte ? Cette exposition est aussi celle de Kate qui est à elle-même une histoire de la mode des ces dernières décennies, elle évolue et vieillit, perd son innocence, d'un univers à un autre. Par sa prestance et son statut, elle éclipse les autres images de stars ou du glamour. Kate, Londres, la mode, l'image, le chemin est ainsi tout trouvé. Un regret seulement pour cette exposition assez attendue, elle n'est pas assez développée et vite expédiée... Dommage.
Face of Fashion
Jusqu'au 28 mai 2007
National Portrait Gallery
St Martin's Place
WC2H OHE London
Pour plus de renseignements
Ci-contre : © Mario Sorrenti : Kate Moss pour la campagne publicitaire "Obsession" de Calvin Klein, 1993.
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Fischli et Weiss, les rois de l’équilibre
Depuis 1979 ce duo suisse déjoue les lois de l’attraction pour offrir une œuvre décalée, déglinguée, dégingandée et drolatique. Une exposition leur est consacrée jusqu'au 13 mai au Musée d'art moderne de la ville de Paris.
Le making-off de leur moyen métrage Le cours des choses, représente une très belle entrée en matière dans leur univers et leur processus de création. On y voit comment ils expérimentent, rient, bricolent, s’émerveillent de leurs inventions, apprennent de leurs tâtonnements. L’ambiance de l’atelier - ou du « laboratoire »- dans lequel ils opèrent comme deux apprentis sorciers, reflète un état d’esprit entre assiduité et légèreté, rusticité et précision.
Au final, Le cours des choses est un enchaînement ininterrompu de mini catastrophes, réactions en chaîne incontrôlable - mais parfaitement ajustées- entre matériaux et objets quotidiens, qui émerveille et surprend, excite et ravi. Contrepoids, explosions, croc en jambe, balanciers, jeux de flammes et d’eau : un détournement singulier de notre réalité à usage récréatif.
Il en est de même pour la série Equilibre – Un après-midi tranquille, où la tranquillité tient dans l’échafaudage quasi magique d’objets usagés – pneus, chaises …- sans cesse menacé d’effondrement, saisi sur la pellicule photographique dans leur instant de gloire, et agrémenté d’une légende qui souligne encore l’absurdité de la mise en scène.
Sculptures, vidéos, installations, photos, la production des deux artistes associés est polymorphe et liée par un ingrédient relativement rare en art contemporain : l’humour.
Leur secret ? Peut-être tient t-il dans leurs Dix commandements « How to work better », dont voici les cinq derniers :
Accept change inevitable
Admit mistakes
Say it simple
Be calm
Smile.
Fischli & Weiss
Fleurs & Questions
22 février au 13 mai 2007
Musée d'art moderne de la ville de Paris
11, avenue du Président-Wilson - 75116
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Eric Pougeau - 1968-1974
Ces dates sont gravées dans le marbre noir de l’urne funéraire qui clôt l’exposition. L’artiste n’a pas 5 ans, il n’est pas réellement mort, mais sa vie a sans doute basculé à ce moment.
Chaque pièce de l’exposition d’Eric Pougeau va ainsi creuser lentement, par petits mots, phrases courtes et écriture d’écolier, un sillon profond et douloureux vers une enfance massacrée, où coupables et victimes fusionnent pour mieux s’entretuer.
Une œuvre qui s’appréhende comme autant de fragments de mémoire, de l’enfant mort en 1972, et qui depuis copie ses lignes : « J’ai peur, je veux être la peur », « Mon dieu, faites que mes parents meurent », et ses conjugaisons : « je me mutile, tu te mutiles, il se mutile… » . Prend connaissance des petits mots d’amour laissés par ses parents : « Mes chéris, quand papa et maman mourront, vous serez seuls, puis vous mourrez aussi. A ce soir. Maman. »
Jusqu’aux objets créés par l’artiste, dont aucun n’a d’utilité dans ce monde déviant - les fourches sont doubles, les règles d’école sont taillées en pointes acérées -, mais tous redoublent de danger et d’anormalité. Ils blessent doublement, par le père, par la mère.
Conscrits dans les petits formats quadrillés de la page d’écolier, ou proprement gravés sur les marbres funéraires (un mot à la fois : « Salope », « Hasshole »), la douleur et le malaise se répandent et déferlent, traçant une vie entière de traumatismes.
Une œuvre qui touche à l’universel, aux excès multiples d’une cellule familiale qui jamais ne remplit ses fonctions, mais massacre consciencieusement et systématiquement l’enfant, piétine l’innocence, gorge les pages de son sang, arrache des cris muets, multiplie punitions et vexations.
Eric Pougeau
« J’ai peur, je veux être la peur »
Jusqu’au 14 avril 2007
Galerie Alain le Gaillard
19, rue Mazarine
75006 Paris
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L'image d'après, cinéma !
Les rapports entre cinéma et photographie ont toujours été sensiblement liés, quelques photographes de Magnum - et pas des moindres - mettent ce sujet en évidence à la Cinémathèque qui, depuis sa réouverture, regorge décidément de bonnes idées... Abbas, Antoine D'Agata, Harry Gruyaert, Gueorgi Pinkhassov ou encore Gilles Peress viendront débattre sur cette thématique, ce qui promet d'être pour le moins passionnant... Ils ont également concocté une belle programmation de film en référence à la photographie ou qui les inspire pour leur vision de photographe. L'image mouvante fut émouvante pour eux et ils souhaitent nous le faire partager. On aura plaisir à revoir des films à la plastique sublime tels que le Désert Rouge d'Antonioni, Elephant de Van Sant ou encore Stalker de Tarkovski.
Du 4 avril au 30 juillet 2007
A la Cinémathèque
51 rue de Bercy
75013 Paris
Rencontres prévues :
MERCREDI 4 AVRIL - 19H00 : Projection et débat avec Donovan Wylie
VENDREDI 6 AVRIL - 19H30 : Rencontre avec Gilles Peress
SAMEDI 21 AVRIL - 15H00: Dialogues avec Antoine d'Agata et Harry Gruyaert
DIMANCHE 22 AVRIL - 11H00 : Dialogues avec Abbas et Patrick Zachmann
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Jef Aérosol, VIP
Les pochoirs de Jef Aerosol présentés dans le livre paru aux éditions Alternatives méritent amplement le titre de VIP (Very Important Pochoirs).
Élevé aux Clash, lustré au British punk rockers, enivré par la Factory, ébloui par Warhol, cet arpenteur urbain révèle sa personnalité au fur et à mesure des portraits qu’il réalise. Chacune de ces figures, exécutée au pochoir sur les murs, conjugue émotion, humour et respect, aussi bien du sujet que de l’environnement. Leur emplacement dans les paysages urbains - murs, portes, vitrines - confère une aura de visiteurs étranges, témoins silencieux de nos activités et rappel de nos idéaux.
La texture du mur se marie à celle de la peau, les portraits (près de 200 dans le livre) s’animent, présents et vivants. Jef Aerosol ose la couleur, les chairs mélangent le vert, le violet, l’orange, et la signature d’une flèche rouge le rapproche d’un peintre comme Bacon, adepte de cette signalétique qui dirige le regard, incite au mouvement et fixe l’identité.
Les textes qui accompagnent chaque portrait et que Jef Aerosol a composé en quelques jours pour la présente édition, passent de l’anglais au français avec grâce et fluidité. Ils nous font voyager d’un continent à l’autre, de Lou Reed à Gainsbourg, de Dylan à Gabin, de Kerouac à Perec. Dans ses phrases liées par des points de suspension, il s’adresse directement à ses modèles. Il partage avec eux (vivants ou morts, connus ou non) une relation privilégiée, pour les avoir aimés, pour avoir sondé leurs traits et leur personnalité à coups de cutter dans le carton de ses pochoirs, à coups de bombe sur la peau des murs.
VIP
VERY IMPORTANT POCHOIRS
Jef Aérosol
Editions Alternatives
144 pages - 360 illustrations en quadri
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Chayan Khoi, globe-rêveur et cyberréaliste
Le photographe Chayan Khoi d’origine iranienne expose ses photos et ses carnets de voyages, dans une mise en scène invraisemblable, au 22 place Vendôme, à Paris. Fin technicien de l’art numérique, son travail consiste en de vastes compositions qui rassemblent les plus grands sites culturels et naturels du monde. Le Taj Mahal, New York, les temples d’Anghor, Venise, les pyramides mexicaine, les glaciers de l’antarctique..., tout se côtoie et fusionne dans des créations fantastiques.
Chayan Khoi, qui semble avoir été partout, entend, avec ses photographies, encourager une prise de conscience écologique. Il nous montre une civilisation immergée sous les eaux, ou bien envahie par le sable, la jungle, la glace. Son travail se veut aussi symbolique : chaque élément d’une photo fait écho au concept qui y préside, et doit pourvoir être décrypté.
Certes, le petit jeu qui consiste à deviner les lieux, les monuments et les symboles a ses limites, et certaines compositions peuvent paraître du plus mauvais goût. La surcharge et le manque de sobriété des compositions tournent parfois au kitch, voire au comique. D’autres fois, l’équilibre esthétique est parfaitement maîtrisé, et l’on découvre alors des œuvres d’une grande puissance.
Quoiqu’il en soit, le travail hallucinant de photographe et de scénographe que manifeste cette exposition « No man’s land » mérite amplement le détour. Outre les photographies, on y trouvera de magnifiques carnets de voyages et des travaux de sculpteurs remarquables.
22, place Vendôme, 75001 Paris
de 11h à 19h jusqu’au 24 mars
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The air is on fire : David Lynch à la Fondation Cartier
Peu après la sortie en salle de son dernier film Inland Empire, le cinéaste américain reste sur l’avant-scène de l’art contemporain avec The air is on fire, exposition à la Fondation Cartier qui constitue la plus importante exposition jamais consacrée à l’œuvre de Lynch en tant qu’artiste plasticien. Elle rassemble peintures, photographies, dessins, films expérimentaux et créations sonores, réalisés entre 1960 et aujourd’hui. Le tout est mis en scène par l’artiste.
Son travail de plasticien surprendra : au premier coup d’œil, peu ou pas de rapport avec son univers cinématographique. Alors que l’esthétique de ses films est toujours très soignée, lisse et froide, on découvrira des peinture-collages à la limite du figuratif et chargés de concrétions diverses évoquant des matériaux organiques peu ragoûtants. Ses tableaux prennent en effet la forme de bas-reliefs, du fait des éléments collés, coulés, assemblés. La photographie se mêle parfois à la peinture et aux collages, et le tout est toujours accompagné de textes sur la toile elle-même, explicitant la scène représentée.
Outre ces œuvres-tableaux, des courts-métrages sont projetés à l’étage inférieur, ainsi qu’une installation réalisée spécialement pour l’exposition. Quant aux dessins de Lynch, si certains retiennent l’attention par la singularité de l’univers figuré, beaucoup ont essentiellement un intérêt biographique, et d’autres encore n’intéresseront que les fétichistes.
Le sous-sol expose aussi une belle série de photographies. Là encore, surprise. Certes, certaines photos retiendront l’attention par leur esthétisme et leur atmosphère singulière − notamment la série des nus. Mais enfin, on est très loin de l’esthétisme des Blue Velvet, Twin Peaks, Lost Highway, Mulholland Drive ou Inland Empire. Les images que l’on pourrait tirer de ces films sembleraient à la fois plus originales et plus saisissantes que cette série de photographies, somme toute assez banale en comparaison.
Allez donc à la Fondation Cartier par curiosité et pour mieux comprendre l’univers du cinéaste, et vous ne serez pas déçus, mais préférez les salles de cinéma pour une expérience esthétique plus saisissante.
The Air is on Fire Fondation Cartier jusqu’au 27 mai
Tlj sauf le lundi, de 12h à 20h / 6.5€
261, boulevard Raspail, 75014
01 42 18 56 67
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Mine de talents : Vitamine D, Nouvelles perspectives en dessin
Après Vitamine P, Nouvelles perspectives en peinture, Vitamine D, le nouveau cocktail de vitamines de Phaïdon, ouvre ses pages à 109 artistes internationaux qui s’expriment principalement par le dessin. Sélectionnés par des critiques et des directeurs de musées, ces jeunes talents tirent leur trait du microscopique au monumental, en noir et blanc et en couleurs, entre le conceptuel et le tridimensionnel. Vif et expérimental, le dessin crée des compositions nouvelles et d’une absolue richesse.
Emma Dexter écrit en introduction de cette voluptueuse somme de talents, une passionnante histoire du dessin, essai et présentation de la pratique de ce médium comme de son statut à travers les temps.
L’œil peut ensuite partir en exploration, s’enfoncer dans le velouté des pages à la poursuite des lignes et des constructions multiples engendrées par l’imagination et la sensibilité d’artistes aussi divers que Kaoru Arima, Moriceau et Mrzyk, Francis Alÿs, Zak Smith... Autant de processus, autant de créations dont Vitamine D révèle l’infini pouvoir d’attraction.
Vitamine D, Nouvelles perspectives en dessin
Editions Phaïdon
351 pages, environ 500 illustrations en couleur
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Thomas Hirschhorn persiste et signe
«Concretion Re» à la Galerie Chantal Crousel, est la répétition de Concretion, qui a eu lieu en 2006 au Creux de l’Enfer.
Thomas Hirschhorn répète, il enfonce le clou, profondément, comme il enfonce des clous, par centaines, dans les corps des mannequins exposés dans la Galerie.
Galerie où l’on s’avance le souffle coupé, le cœur affolé, tentant de se frayer un passage entre les vitrines, les mannequins criblés de douleurs, les murs hérissés de pierres, les cartons qui s’écrasent sous nos pieds, le tout étouffé par le scotch épais et marron, avaleur de lumière, bouffeur de particularité, baillonneur de voix. Le public progresse au cœur même de la Forme, au milieu des murs d’images, des rangées de têtes écorchées, des ventres ouverts, des membres arrachés, des plaies béantes, des visages brûlés, d’impensables, d’inimaginables violences perpétrées par l’homme sur l’homme.
La souffrance de l’autre devient notre souffrance, la puissance de l’empathie submerge chaque visiteur. Les photographies de corps mutilés par la guerre se multiplient, rivalisent d’horreur, se fécondent les unes les autres. Les protubérances de scotch épais qui déforment les mannequins impavides répètent sur leur corps présumé parfait les mutilations réelles altérant les chairs.
Dans le Manifeste distribué à l’entrée de la Galerie, Thomas Hirschhorn explique son travail, les principes de répétition et de concrétion qui organise la Forme, le corps collectif meurtri, le durcissement de l’acte artistique, l’affirmation sans cesse répétée de la vérité, au-delà des Faits, au-delà du piège de l’information. Dans la Galerie, des vidéos de l’artiste en conférence : le son est coupé, l’écran barré de scotch marron. Aucun commentaire n’aidera à la compréhension de l’œuvre. Le travail du spectateur : faire acte de vérité et de volonté.
Concretion Re de Thomas Hirschhorn
Galerie Chantal Crousel
10, rue Charlot
75003 Paris
Jusqu’au 10 mars
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