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Le maître des illusions : Georges Rousse à la MEP
L’exposition-rétrospective de l’œuvre de Georges Rousse à la Maison Européenne de la Photographie s’intitule Tour d’un monde.
Sur les traces de l’artiste, le spectateur part effectivement à travers le monde, sillonnant les continents, à la découverte des endroits abandonnés, voués à la démolition. C’est le processus même de l’acte créateur de Georges Rousse : partir sac au dos dans les villes, chercher l’histoire de l’homme et de ses activités à travers des lieux autrefois vivants, aujourd’hui désaffectés.
Jusqu’à ce que l’artiste y installe son oeil, sa poésie, ses couleurs, ses mots, jusqu’au déclic de son appareil photo, qui viendra immortaliser l’éphémère.
Le cartel indique un lieu géographique. Mais c’est juste pour proposer un repère fixe, car sur l’image, aucune règle logique n’est proposée. Espace déconstruit, reconstruit, perspectives inédites, focus colorés, percées de l’architecture, illusions d’équilibre et de déséquilibre.
Georges Rousse inscrit son vocabulaire poétique dans un espace qui n’existe que dans son oeil, et qu’il nous donne en partage.
REEL
INSIDE/OUTSIDE
sont quelques uns des mots qui viennent remplir les pièces éventrées, évidées. Des mots qui s’incarnent dans le doute, sur des frontières réinventées.
À chaque photo, Georges Rousse compose un poème de l’abandon.
Georges Rousse
Tour d’un monde
Jusqu’au 8 juin 2008
Maison Européenne de la Photographie
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
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BULBE RECOMMANDE...
Oui-Merci de notre Perrine Le Querrec !
15 nouvelles. Les héroïnes ont toutes dit Oui, elles ont toutes dit Merci.
On recommande d'abord pour l'écriture visuelle (que vous reconnaitrez facilement), les personnages féminins de cinq à quarante ans, les situations troublantes, les destins terrifiants... Avec un attachement particulier à Oui-Merci.
Ici on découvre Perrine Le Querrec écrivain.
Ici on achète.
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Gregor Schneider, maison carcérale.
On nous avait prévenu : une fois la première porte franchie, impossible de revenir en arrière. Alors on pousse la porte, anxieux et curieux à la fois. Et lorsqu’elle claque bruyamment dans notre dos, on sait que l’on vient de passer un premier seuil d’angoisse.
Introspection au bord de nos peurs et de nos limites, le parcours construit par Gregor Schneider à la Maison rouge, espaces d’exposition et locaux techniques compris, est éprouvant, déstabilisant. On rase les murs, on se perd dans soi-même, c’est notre rationalité que nous avons laissée derrière la première porte. Car le parcours en lui-même est balisé : pièce après pièce, les sensations s’égrènent : chaud, froid, odeurs, mou, dur, compression, dilatation.
Au loin les portes continuent de claquer, mais imaginer qu’un autre visite la maison en même temps que vous n’a rien de rassurant. L’homme devient un ennemi, la maison un lieu d’enfermement.
Tout ce qui se passe dans les chambres closes prend une allure bancale, étouffée, folle.
Le pire c’est l’éblouissement, la disproportion de la pièce blanche.
Le pire, c’est la pièce molle du noir absolu.
Le pire, c’est à vous de le choisir.
La thématique de la maison est au centre du travail de l'artiste.
Depuis l'adolescence, il redimensionne, rétablit, corrige, restructure sa propre maison, héritage familial situé dans la petite ville de Reydt en Allemagne. Héritage architectural, héritage familial, la frontière entre les murs de béton et l’intimité carcérale/familiale vient de sauter.
Gregor Schneider
Jusqu'au 18 mai 2008
La Maison Rouge
10, boulevard de la Bastille
75012 Paris
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L'âme de Patti Smith à la Fondation Cartier
S. : Je ne connaissais pas très bien l'univers de Patti Smith, à part son tube "Because the night". Et les photos de Mapplethorpe, bien sûr... C'est plutôt quelques photos Noir et Blanc entraperçues dans les magazines et l'affiche de l'exposition qui m'ont attirée vers la Fondation Cartier... J'avoue que je n'ai pas été déçue, cette femme a vraiment un univers...
F. : Moi, c'est diffèrent, Patti Smith fait partie de ma génération...J'ai retrouvé dans cette exposition un souffle de la Beat génération, je connaissais Patti Smith comme musicienne punk-rock. Aussi, j'ai été surprise de découvrir une artiste aux multiples facettes, poéte, photographe, écrivain...
S. : Dans cet ensemble, on se sent dans une intimité. Des cadres et photos sont accrochés ça et là, des livres sont ouverts, des carnets aussi... De confortables fauteuils et tapis nous accueillent afin que nous puissions regarder les diffèrentes vidéos et que nous soyons au mieux dans cette intimité.
F. : Oui, l'exposition est bien conçue, car elle nous plonge directement dans l'univers créatif de l'artiste, en douceur, comme si nous entrions en secret dans son espace. J'ai perçu par le biais des différénts supports présentés (dessins, objets, meubles, photos, vidéos) la présence d'une femme authentique, sensible, intègre : une battante.
S. : Voilà, c'est comme si elle était là, en retrait. En noir et blanc, intemporelle...
Patti Smith à la Fondation Cartier
Jusqu'au 22 juin 2008
261, boulevard Raspail
75014 Paris
Entrée : 6,50 euros
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Ki ?
À la fois foisonnant et dépouillé, Style Japon livre l’esprit du « ki » - l’esprit inhérent aux choses -, concept qui transparaît dans la vie et la culture japonaise.
Dans une langue riche et simplement érudite, Gian Carlo Calza, spécialiste de l’art et de l’esthétique japonais, convoque peintres, graphistes, architectes, dramaturges, photographes, maîtres de thé afin de permettre à l’esprit occidental d’appréhender l’art de vivre et l’art d’avant-garde japonais. Une avant-garde qui parfois date du XIIe ou du XIIIe siècle !
Les textes alternent avec les images, dans un rythme et une mise en page qui portent le propos et servent d’amplificateur à la conquête de la culture japonaise.
Cette lecture est un réel bonheur : les reproductions et photographies de haute qualité sont en elles-mêmes un parfait vecteur de compréhension et éclairent admirablement l’enseignement de l’auteur et l’essence du Beau au Japon.
Proche d’une initiation, cet ouvrage participe à un véritable développement personnel du lecteur.
Style Japon
Gian Carlo Calza
240 pages. 150 illustrations
Phaïdon, 49,95 €
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Louise Bourgeois, le volcan
On dit de Louise Bourgeois qu’elle est toujours, à quatre-vingt seize ans, en «activité», comme l’on parlerait d’un volcan. Et à voir les paysages que sa création fait naître, le rouge dont elle baigne plusieurs de ses œuvres, ses explosions de colère, oui, Louise Bourgeois est un volcan en pleine activité.
Le Centre Pompidou s’entrouvre à cette oeuvre incandescente -et ici, un coup de colère devant la scénographie bâclée, honteuse : espaces découpés en parcelles minuscules, murs gris, violets, sales et incohérents, sculptures massées le long des murs, écrasement des œuvres dans une pénombre incompréhensible ; c’est lamentable. Heureux ceux qui ont vu l’exposition à Londres, dans de vastes espaces lumineux, où le public – pas infantilisé- pouvait se déplacer autour des œuvres, sous des grappes de sculptures suspendues, prendre pleinement conscience de la force et de la présence des cellules, admirer comme il se doit l’œuvre sublime de Louise Bourgeois.
Fort heureusement, la Galerie d’art graphique propose, sous le titre «Tendres compulsions», des dessins, gravures et petites sculptures de 1938 à 2007.
Ici places aux oeuvres, sans gâchage scénographique. Et tout particulièrement, place aux deux dernières oeuvres de Louise Bourgeois, dessins sur partition pour l’une «10AM is when you come to me» et livre à taille humaine pour «Extrême tension». Sur papier immense, LB se dessine, de la tête aux pieds, en phrases tremblées, morcellements et douleurs, organes aussi, poumons, coeur, fluides, tout y est, jusqu’à la dernière page, « l’odeur de la bête traquée », et la griffure d’encre des dix doigts de l’artiste sur toute la longueur de la feuille. Elle a disparu, comme dévorée par plus fort qu’elle, prise de corps, tirée, emportée loin de nous.
On comprend plus profondément alors cette attente de Jerry, le besoin de ses mains, de ses bras, de sa présence fidèle.
C’est « 10AM is when you come to me», symphonie de mains rouges sur partition, du rouge dont elle dit qu’il est le symbole de l’intensité et de l’émotion éprouvée. Les mains se donnent, se reprennent, se serrent, les bras traversent la page.
Les partitions font vibrer l’air tout autour de nous, ce témoignage d’amitié et d’intimité est magnifique, fragile et intense.
Louise Bourgeois Jusqu'au 2 juin 2008
Centre Pompidou
Paris 1er
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Denis Darzacq à Brest
Le bel expace culturel brestois "Le Quartz" propose actuellement la série détonnante de Denis Darzacq "La Chute" dans son espace galerie.
En fait, il ne s'agit pas de tellement de chute mais d'envol, d'apensanteur... Darzacq a photographié des danseurs des rues dans des villes nouvelles telles que Bobigny mais son arrêt sur image - très particulier - stoppe les danseurs dans des postures dignes de cosmonautes en repèrage sur la lune. Le corps, retourné, en plein essor et envol, est figé dans la ville et on pense alors à une chute possible, au-delà de l'image. En atendant, pendant ces espace d'un centième de seconde, le corps et bien là et la fameuse notion d'instant décisif de Cartier-Bresson prendrait presque une dimension ironique...
La galerie du Quartz a aménagé l'exposition de manière aérée et avec des grands formats. Des vidéos, sur le thème des banlieues, ainsi que des portraits de jeunes de Bobigny, plus frontaux et classiques, complètent l'ensemble.
Bref, une série assez connue mais toujours plaisante et étonnante à regarder...
La Chute, photographies de Denis Darzacq
Exposition visible jusqu'au 19 avril 2008
Galerie du Quartz
3 rue Dupleix
29200 Brest
Entrée libre.
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