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Thomas Hirschhorn persiste et signe
«Concretion Re» à la Galerie Chantal Crousel, est la répétition de Concretion, qui a eu lieu en 2006 au Creux de l’Enfer.
Thomas Hirschhorn répète, il enfonce le clou, profondément, comme il enfonce des clous, par centaines, dans les corps des mannequins exposés dans la Galerie.
Galerie où l’on s’avance le souffle coupé, le cœur affolé, tentant de se frayer un passage entre les vitrines, les mannequins criblés de douleurs, les murs hérissés de pierres, les cartons qui s’écrasent sous nos pieds, le tout étouffé par le scotch épais et marron, avaleur de lumière, bouffeur de particularité, baillonneur de voix. Le public progresse au cœur même de la Forme, au milieu des murs d’images, des rangées de têtes écorchées, des ventres ouverts, des membres arrachés, des plaies béantes, des visages brûlés, d’impensables, d’inimaginables violences perpétrées par l’homme sur l’homme.
La souffrance de l’autre devient notre souffrance, la puissance de l’empathie submerge chaque visiteur. Les photographies de corps mutilés par la guerre se multiplient, rivalisent d’horreur, se fécondent les unes les autres. Les protubérances de scotch épais qui déforment les mannequins impavides répètent sur leur corps présumé parfait les mutilations réelles altérant les chairs.
Dans le Manifeste distribué à l’entrée de la Galerie, Thomas Hirschhorn explique son travail, les principes de répétition et de concrétion qui organise la Forme, le corps collectif meurtri, le durcissement de l’acte artistique, l’affirmation sans cesse répétée de la vérité, au-delà des Faits, au-delà du piège de l’information. Dans la Galerie, des vidéos de l’artiste en conférence : le son est coupé, l’écran barré de scotch marron. Aucun commentaire n’aidera à la compréhension de l’œuvre. Le travail du spectateur : faire acte de vérité et de volonté.
Concretion Re de Thomas Hirschhorn
Galerie Chantal Crousel
10, rue Charlot
75003 Paris
Jusqu’au 10 mars
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L’image événement au Jeu de Paume
Sous l’intitulé L’événement, la Galerie nationale du Jeu de Paume propose un parcours non-exhaustif d’images témoins du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.
De manière a-historique, cinq évènements rythment la visite : la guerre de Crimée (1854-56), la conquête de l’air avec Louis Blériot (1909), les congés payés (1936), la chute du mur de Berlin (1989) et le 11 septembre 2001. Ces documents montrent que chaque époque détient son propre moyen de diffusion et sa propre matérialité de l’image évènement. L’exposition retrace en filigrane, l’histoire des techniques reproductibles : gravures, photographies, images de presse, télévision. C’est l’explosion de l’image comme information ou plutôt de l’image spectacle.
Le visiteur est alors en droit de s’interroger. En quoi l’événement fait-il image ? Comment fait-il image ? Quels choix sont-ils opérés ? Que montrer ?
Pour cela, les commissaires mettent en scène un comparatif de plus de 200 unes de journaux sur le 11 septembre. Ils classent par catégorie d’images. Le fait est renversant et permet de s’apercevoir que les lignes éditoriales vendent du spectacle, jusqu’à l’overdose. Jusqu’aux objets du quotidien, l’image événement pénètre notre espace social et intime sous formes de t-shirt, de mug, de puzzle pour commémorer l’évènement ou témoigner de son patriotisme.
Dans notre environnement immédiat, l’image s’affranchit comme informative. Mais elle se révèle plutôt comme un pouvoir politique. Plus que nécessaire, cette exposition souligne la nécessité aujourd’hui d’analyser, de décrypter, de disséquer les images de notre quotidien, afin que la société puisse enfin prendre le recul nécessaire face à cette banalisation de l’image-spectacle.
L’évènement
Jusqu’au 1er avril 2007
Jeu de Paume
1, place de la Concorde
75008 Paris
Photo ©Thomas Ruff
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Joe Coleman le pyromane
Il exécute ses premiers croquis à huit ans, dans la classe pour enfants déficients et inadaptés où il a été placé. Il reçoit peu de temps après un prix pour un dessin représentant un tas de détritus, prix remis par la femme du président Lyndon B. Johnson. À quatorze ans, il met le feu au terrain d’une école catholique. Arrêté, il confessera plusieurs meurtres imaginaires. Il fête ses seize ans l’année du massacre de Sharon Tate par les adeptes de Charles Manson.
Adulte, il expérimente sur son corps la théorie du big bang en se ceinturant de bâtonnets de dynamite qu’il fait exploser dans l’assistance.
Joe Coleman n’est pas normal.
Joe Coleman fait peur, ses peintures aussi.
Pour cette première exposition en France, le Palais de Tokyo réunit vingt toiles de l’artiste. Vingt toiles dont il vous faudra plusieurs heures pour venir à bout.
Coleman peint la face obscure de l’Amérique, ses freaks, ses serial killers, ses anti-héros. Et lorsqu’il change de sujet, c’est pour lorgner du côté des tortures, jeux de massacre et autres réjouissances.
D’une incroyable minutie (il travaille avec des lunettes de diamantaire), ses toiles racontent la vie entière de ses détraqués de prédilection, de la naissance à la mort, en passant par les nombreux crimes commis. Oscillant entre l’esthétique comics et la précision obsessionnelle de Bosch ou de Brugel, l’impact de ses peintures à l’huile est ahurissant. Icônes religieuses, enluminures du Moyen-Âge, mais aussi « image-reportage » à la Goya, la démesure dans l’infiniment petit que décrit Coleman est à la hauteur des traumatismes, folie et souffrance qui s’échappent de la toile.
Le regard plonge dans chaque toile pour une traversée de plusieurs minutes, voire de plusieurs heures, passées à lire les nombreux micros textes narrant l’histoire du psychopathe représenté, à explorer les saynètes qui recouvrent l’espace, à suivre le labyrinthe de la chronologie illustrée.
Joe Coleman a aussi de l’humour, et c’est ce qui nous sauve du chaos.
Joe Coleman du 1er février au 11 mars 2007
Palais de Tokyo – Site de création contemporaine
13, avenue du Président-Wilson
75116 Paris
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Web Flash Festival, un festival incontournable ?
La (déjà !) sixième édition du Web Flash Festival se tiendra du 25 au 27 mai 2007, au Centre Pompidou (Paris).
Flasheurs, flasheuses, vous avez jusqu'au 22 avril 2007, minuit pile, pour soumettre au jury vos œuvres les plus prometteuses. Comme chaque année, plusieurs catégories distinguent les travaux : Art Net Art, Art graphisme, Jeu, Expérimental, Animation, Présentation, Prix du public et Grand Prix 2007 (prix d'excellence décerné toutes catgéories confondues).
Les années précédentes ont couronné de bons travaux mais déjà très connus dans le monde d'Internet (un peu comme les César qui couronnent des succès sans risque...). À vous de vous faire connaître et de proposer, pour cette nouvelle édition, des œuvres innovantes et détonnantes !
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Morts-vivants, Jan Fabre à la Galerie Templon
Sans précaution aucune, l’exposition commence par Le carnaval des chiens errants morts, une installation de 2006. Chiens empaillés, confettis, rubans : la fête est figée autour d’une longue table qui trace une diagonale dynamique à travers la pièce noire. Des spirales de rubans tombent en pluie du plafond, les chiens sont coiffés de chapeaux pointus, les confettis couvrent les mottes de beurre dans lesquels certains animaux ont le museau enfoncé. Lugubre et perturbante, la mort est difficile à fixer, même sous ses atours de fête. Certains chiens lévitent au-dessus de la table, comme hésitants entre deux mondes, entre deux métamorphoses.
Métamorphoses encore pour l’installation des Messagers de la mort décapités. Combinant une fois de plus le monde animal et le nôtre, Fabre dépose cinq têtes de hiboux sur une nappe immaculée. Le malaise se focalise dans le regard des hiboux : un regard humain, des yeux artificiels écarquillés et fixes, inquiétants et incongrus. Ces Messagers semblent des têtes humaines recouvertes d’un masque de plumes. Est-ce la part animale de l’homme, ou la part humaine de l’animal que Fabre expose avec tant d’esthétisme ? La question reste ouverte.
Jan Fabre
Les Messagers de la mort décapités
Galerie Templon
30, rue Beaubourg
75003 Paris
jusqu’au 24 février
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William Eggleston vu par deux français...
Deux français, Vincent Gérard et Cédric Laty, anciens étudiants des Beaux-arts, se sont associés pour ce documentaire sur le maître de la photographie couleur, William Eggleston. On comprend la fascination qu'exerce cet artiste qui a placé la photo couleur au rang d'art à une époque où ne comptait que le noir et blanc. Un travail hors pair mais un homme d'exception aussi, qu'on aurait volontiers imaginé beatnik mais qui a, en fait, l'apparence d'un dandy, habillé sur son 31, mains gantées, voix grave marquée par la cigarette... Le film se découpe en séquences et tombe parfois un peu trop dans l'abstraction (voix off et paysages défilants sous nos yeux) pour que l'on s'implique vraiment dans ce documentaire plus proche de l'expérimental que du portrait classique.
By the Ways de Vincent Gérard et Cédric Laty
Déjà dans les salles
Durée 1h37
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Vus sur Bulbe, à voir ailleurs
Chez Bulbe, nous les aimons et les avons mis à l'honneur. Ce mois-ci, ils exposent ici et là...
Expos
Dagmar Sippel [voir photo ci-contre] est l'invitée du Centre Iris jusqu'au 31 mars.
238, rue Saint Martin - Paris 3e
Vincent Citot expose ses photographies à la mairie du 3e arrondissement jusqu'au 16 février.
2, rue Eugène-Spuller - Paris 3e
Olivier Person expose jusqu'au 3 mars à la galerie Keller.
11, rue Keller - Paris 11e
Natalie Lamotte participe à l’exposition collective Un autre regard du 22 février au 11 mars, avec cinq autres artistes (Christian Comelli, Madeleine Spierer, Jutta Börger, Sabine Wenig, et Annette Genêt). L’exposition à lieu à Genève à la Villa Dutoit.
Livres
Le livre Coups de ciseaux de Perrine Le Querrec, illustré par Stéphanie Buttay, vient de paraître aux éditions des Carnets du dessert de lune.
+ encore sur Perrine Le Querrec - dont vous connaissez la plume sur Bulbe -, le film d'Anaïs Vachez inspiré d'une autre de ses nouvelles, Mauna, est à voir sur Webcine.
Corps et Âmes, le livre de Jérémie Baldocchi, est toujours en vente édité par l'auteur.
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Un bimestriel pour l’art contemporain : Semaines chargées
Tout est dit dans le sous-titre : « pour » l’art contemporain.
Semaines propose une multiplicité de regards sur l’art contemporain, et prend le temps à travers sa mise en page de révéler, développer et théoriser les œuvres. Une grande vitalité régit les rubriques et les rapports aux artistes et à leur production.
Semaines suscite l’envie, sillonne la France à la recherche d’évènements et d’œuvres, puis braque dessus son objectif ou sa plume, afin de participer à une Histoire de l’art en train de s’écrire.
Artistes, éditeurs, auteurs, patrimoine et actualités, les correspondances se mettent en place et enrichissent singulièrement le paysage culturel.
À signaler dans le numéro 3, un dossier passionnant et intrigant sur les Flips Books, et – entre autres ! – un somptueux cahier hebdomadaire sur Anthony McCall.
Pour terminer cette Semaines, l’intégralité du chapitre VII du volume III de l’œuvre de Matthew G. Lewis : Le Moine… pour une Semaines plurielle.
Semaines
Editions Analogues, diffusées par les Presses du réel
232 pages (ill. coul.)
18 €
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Amis lecteurs, exprimez-vous !
On se disait : « ce serait bien si les lecteurs accros du bulbe pouvaient nous envoyer leurs commentaires sur nos actus, nous dire leur point de vue sur l'actualité artistique ou nous faire découvrir des œuvres ». Alors, ni une, ni deux, toute l'équipe s'est attelée à la création d'une tribune rien que pour connaître vos idées. Rien que pour mieux vous lire.
Hélas. Hélas. Peu de succès pour cette rubrique. Est-ce son emplacement discret ou votre peu d'intérêt pour cette idée qui la rend si déserte ? Allez, faîtes-vous connaitre : Exprimez-vous !
Vous avez accès à la tribune en cliquant sur le menu de gauche, icone Bla-bla, ou sur la bulle placée à la fin de chaque actu (comme ci-dessous).
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