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A bonne distance : Alec Soth au Jeu de Paume
Issu de l'agence Magnum, ce jeune photographe propose des séries d'images dotées d'une lumière qu'on dirait translucide et même palpable, tel un rêvé éveillé. Une histoire le plus souvent hors champ et une distance instaurée avec les gens photographiés assez bluffante, car l'artiste se retient d'être envahissant sans être trop détaché...
Dans ce travail, on n'est pas dans le reportage ni dans la photo purement plasticienne. Ces images racontent simplement des rencontres avec des paysages et des gens. Il y a du Kerouac dans l'air, du Robert Frank mais remis au goût du jour car la vision de Soth est résolument moderne...
D'autre part, le photographe explique que lorsqu'il demande à un passant de poser pour lui, celui-ci de s'étonner "Pourquoi moi ?", réponse difficile, aussi difficile, dit-il, que d'expliquer une attirance sexuelle par exemple...
Vaste question sur le rapport sujet-photographe ! Mais aussi une métaphore de la vie, de nos attirances, de nos envies et de la curiosités en général.
Un photographe beaucoup plus complexe qu'il n'y parait...
Alec Soth La distance entre nous
Jeu de Paume / Site Concorde
1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
© Alec Soth / Magnum Photos
Melissa
2005
série Niagara, 2004-2005
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La Fulgurance vue par Rodolf Hervé
Fulgurance, parce qu'il faut faire vite. Une vie trop brève, celle de Rodolf Hervé, emporté en plein essor créatif par la maladie. Un Polaroid et hop, le résultat était là. Nerveux, dillaté, décomposé. Le pola scanné est le résultat par le biais d'une série remarquable, quelques années après, dans le bel espace de la Ville Ouverte du 10ème arrondissement.
Cette série de photos de Rodolf Hervé - fils de Lucien - a été réalisée entre 1986 et 1993. C'est le monde de la nuit, les gens n'ont plus de traits : plusieurs visages en forment un seul sous la forme de trainées de lumière... Des filtres reproduisant l'image plusieurs fois sur un même tirage. Tout est demesuré, démultiplié. Le style d'Hervé n'a pas vieilli. Proche de la frontalité d'un Anders Petersen. On le sentait habité, à vif, attiré par le monde de la nuit tel un papillon, quitte à nous brûler les ailes avec ses protagonistes. L'ombre de Francis Bacon plane sur cette exposition. Avec brio, avec fulgurance.
Un artiste à découvrir de toute urgence.
Jusqu'au 5 juin 2008
Ville Ouverte / Les Douches la Galerie
5 rue Legouvé
75010 PARIS
Du lundi au vendredi de 12h à 18h30
Le samedi de 14h à 18h
Egalement disponible, le livre "Fulgurances" aux éditions Ville Ouverte
96 pages
Prix : 25 euros
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"Prenez soin de vous" de Sophie Calle à la BNF
JOURNALISTE ET PHOTOGRAPHE. Sandrine Derym.
Ainsi, voici la lettre qui a tout déclenché. Un homme explique par mail à une femme, alias l'artiste Sophie Calle, qu'ils ne peuvent plus continuer cette relation pour X et X raisons et de conclure la missive par cette phrase tranchante "Prenez soin de vous".
Par cet acte, cet homme ne savait manifestement pas ce qu'il faisait et dans quel jeu il entrait... Plus d'une centaine de femmes, connues ou pas, et de professions diffèrentes vont décortiquer, analyser, lire à voix haute, jouer cette lettre selon leur savoir-faire et leur vision. Et Sophie Calle d'aller mieux grâce à ses entraides à multiples facettes.
Le fait d'avoir déplacé l'exposition à l'origine à la Biennale de Venise dans la salle Labrouste de la BNF est une géniale idée du commissaire Daniel Buren. Les diffèrentes vidéos, photographies et livrets prennent ainsi une autre dimension dans ce lieu de recherche et de concentration. Ce lieu magnifique est soudain habité par les sons, les images... Les lutrins accueillent tous les textes de l'exposition, au lecteur de les lire en paix.
On rit, on s'interroge, on jubile, on admire dans ce lieu devenu aussi sanctuaire d'un homme comme pris au piège dans la toile de toutes ces femmes savantes.
Prenez soin de vous par Sophie Calle
BNF, site Richelieu / Salle Labrouste
58 rue de Richelieu
75002 PARIS
Les mardi, mercredi, vendredi et samedi, de 10h à 20h
Le jeudi, de 10h à 22h
Le dimanche, de 12h à 20h
Fermée le lundi
tarif plein : 7.00 euros
tarif réduit : 5.00 euros
En raison de la forte affluence le week-end, il est conseillé de se renseigner au 01 53 79 87 93 avant de se déplacer.
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Mots et photos par Laetitia Brun, Marion Roux et Bruno Dubreuil
Découvrir ce que l’on sait déjà, voilà ce que propose l’étrange « collection du quotidien » de Laetitia Brun. Ses guides établissent une méthode à suivre pour accomplir les actes les plus anodins et routiniers ; ce que l’artiste appelle la « chose banale ». Se laver, se brosser les dents, se coucher. Des rites disséqués avec une minutie quasi scientifique. En jouant sur un rapport obsessionnel à ce qui l’entoure, Laetitia Brun pousse jusqu’à l’absurde les manies d’une société qui procède à une entreprise de rationalisation systématique : nommer une chose pour mieux la maîtriser.
Nulle définition chez Marion Roux. Textes et images se font écho et forment, à eux deux, un récit autobiographique – évoquant le rapport au temps et aux objets de la photographe. Si bien qu’il est impossible de savoir si ce sont les mots qui éclairent les photos ou bien l’inverse.
En décrivant dans de petits carnets, sans les montrer, les images qui l’ont marqué depuis l’enfance - photographies de famille, souvenirs figés dans l’instant, illustrations de magazine – Bruno Dubrueil signe ce que l’on pourrait appeler des « mémoires visuelles ». Suspendus au plafond, les livrets permettent aux visiteurs de reconstituer mentalement les images qui ont fait le photographe, et l’homme. Le langage se substitue à l’immédiateté des formes et des couleurs, poussant le lecteur à fouiller dans son propre univers. Car, que serait le pouvoir évocateur des mots sans la mémoire de ce que l’on a vu ?
Du 7 au 29 mai 2008
A l’Immixgalerie
116, Quai de Jemmapes
75010 Paris
Entrée libre
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Le maître des illusions : Georges Rousse à la MEP
L’exposition-rétrospective de l’œuvre de Georges Rousse à la Maison Européenne de la Photographie s’intitule Tour d’un monde.
Sur les traces de l’artiste, le spectateur part effectivement à travers le monde, sillonnant les continents, à la découverte des endroits abandonnés, voués à la démolition. C’est le processus même de l’acte créateur de Georges Rousse : partir sac au dos dans les villes, chercher l’histoire de l’homme et de ses activités à travers des lieux autrefois vivants, aujourd’hui désaffectés.
Jusqu’à ce que l’artiste y installe son oeil, sa poésie, ses couleurs, ses mots, jusqu’au déclic de son appareil photo, qui viendra immortaliser l’éphémère.
Le cartel indique un lieu géographique. Mais c’est juste pour proposer un repère fixe, car sur l’image, aucune règle logique n’est proposée. Espace déconstruit, reconstruit, perspectives inédites, focus colorés, percées de l’architecture, illusions d’équilibre et de déséquilibre.
Georges Rousse inscrit son vocabulaire poétique dans un espace qui n’existe que dans son oeil, et qu’il nous donne en partage.
REEL
INSIDE/OUTSIDE
sont quelques uns des mots qui viennent remplir les pièces éventrées, évidées. Des mots qui s’incarnent dans le doute, sur des frontières réinventées.
À chaque photo, Georges Rousse compose un poème de l’abandon.
Georges Rousse
Tour d’un monde
Jusqu’au 8 juin 2008
Maison Européenne de la Photographie
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
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BULBE RECOMMANDE...
Oui-Merci de notre Perrine Le Querrec !
15 nouvelles. Les héroïnes ont toutes dit Oui, elles ont toutes dit Merci.
On recommande d'abord pour l'écriture visuelle (que vous reconnaitrez facilement), les personnages féminins de cinq à quarante ans, les situations troublantes, les destins terrifiants... Avec un attachement particulier à Oui-Merci.
Ici on découvre Perrine Le Querrec écrivain.
Ici on achète.
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Gregor Schneider, maison carcérale.
On nous avait prévenu : une fois la première porte franchie, impossible de revenir en arrière. Alors on pousse la porte, anxieux et curieux à la fois. Et lorsqu’elle claque bruyamment dans notre dos, on sait que l’on vient de passer un premier seuil d’angoisse.
Introspection au bord de nos peurs et de nos limites, le parcours construit par Gregor Schneider à la Maison rouge, espaces d’exposition et locaux techniques compris, est éprouvant, déstabilisant. On rase les murs, on se perd dans soi-même, c’est notre rationalité que nous avons laissée derrière la première porte. Car le parcours en lui-même est balisé : pièce après pièce, les sensations s’égrènent : chaud, froid, odeurs, mou, dur, compression, dilatation.
Au loin les portes continuent de claquer, mais imaginer qu’un autre visite la maison en même temps que vous n’a rien de rassurant. L’homme devient un ennemi, la maison un lieu d’enfermement.
Tout ce qui se passe dans les chambres closes prend une allure bancale, étouffée, folle.
Le pire c’est l’éblouissement, la disproportion de la pièce blanche.
Le pire, c’est la pièce molle du noir absolu.
Le pire, c’est à vous de le choisir.
La thématique de la maison est au centre du travail de l'artiste.
Depuis l'adolescence, il redimensionne, rétablit, corrige, restructure sa propre maison, héritage familial situé dans la petite ville de Reydt en Allemagne. Héritage architectural, héritage familial, la frontière entre les murs de béton et l’intimité carcérale/familiale vient de sauter.
Gregor Schneider
Jusqu'au 18 mai 2008
La Maison Rouge
10, boulevard de la Bastille
75012 Paris
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L'âme de Patti Smith à la Fondation Cartier
S. : Je ne connaissais pas très bien l'univers de Patti Smith, à part son tube "Because the night". Et les photos de Mapplethorpe, bien sûr... C'est plutôt quelques photos Noir et Blanc entraperçues dans les magazines et l'affiche de l'exposition qui m'ont attirée vers la Fondation Cartier... J'avoue que je n'ai pas été déçue, cette femme a vraiment un univers...
F. : Moi, c'est diffèrent, Patti Smith fait partie de ma génération...J'ai retrouvé dans cette exposition un souffle de la Beat génération, je connaissais Patti Smith comme musicienne punk-rock. Aussi, j'ai été surprise de découvrir une artiste aux multiples facettes, poéte, photographe, écrivain...
S. : Dans cet ensemble, on se sent dans une intimité. Des cadres et photos sont accrochés ça et là, des livres sont ouverts, des carnets aussi... De confortables fauteuils et tapis nous accueillent afin que nous puissions regarder les diffèrentes vidéos et que nous soyons au mieux dans cette intimité.
F. : Oui, l'exposition est bien conçue, car elle nous plonge directement dans l'univers créatif de l'artiste, en douceur, comme si nous entrions en secret dans son espace. J'ai perçu par le biais des différénts supports présentés (dessins, objets, meubles, photos, vidéos) la présence d'une femme authentique, sensible, intègre : une battante.
S. : Voilà, c'est comme si elle était là, en retrait. En noir et blanc, intemporelle...
Patti Smith à la Fondation Cartier
Jusqu'au 22 juin 2008
261, boulevard Raspail
75014 Paris
Entrée : 6,50 euros
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